22 novembre : Nicolas Grimal à Savoir en Liberté

Publié le par savoirenliberte

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Pourquoi écrit-on sur les murs ?


Durant sa conférence, l’égyptologue Nicolas Grimal ne nous a pas seulement parlé de l’Égypte ancienne, mais également d’autres civilisations et du monde actuel. Il a répondu à la question de savoir pourquoi et comment les Egyptiens et d'autres civilisations ont choisi d’écrire sur les murs.

 

 

 

Pourquoi écrire sur les murs ?

On écrit sur les murs parce que c'est durable (cela s’inscrit dans le temps), cela permet d'attirer et de toucher un plus grand public, et cela permet également de manifester son existence auprès d'autrui (auprès de ses contemporains ou des générations futures). Ainsi, actuellement, sur les murs du Caire, on peut trouver des tags, avec la caricature de Suzanne Moubarak, ou un dessin dénonçant les mensonges de la télévision. Pour créer un débat ou une polémique, il est possible aussi d'utiliser le dazibao qui permet de toucher plus d'un lecteur. Le dazibao naît toujours d'une initiative privée, le plus souvent en opposition à la presse gouvernementale. Cette très ancienne tradition a été ravivée par la révolution culturelle de Mao Zedong en 1966. En 1978 le «mur de la démocratie», sur le mur de Xidan à Beijing, a lancé le printemps de Pékin. D'une certaine manière, on peut considérer les blogs comme des dazibaos immatériels : ce sont eux qui ont participé au lancement du printemps arabe.

Les affiches publicitaires

Par les affiches sur les murs, il est possible de convaincre de façon non polémique en jouant d'un réfèrent social, politique ou culturel : c'est un peu le principe de la publicité Banania dont les affichages publicitaires fixent le reflet de différentes époques. Dans certains pays d’Afrique, quand un homme a fait le pèlerinage à la Mecque, il réalise un tag de la vision de son voyage sur sa maison.

La civilisation égyptienne

La civilisation Égyptienne a laissé un grand nombre d'écrits dont la plupart était sur des murs. Par exemple, le temple d’Edfou, où les murs sont entièrement décorés. Dans ce temple, le mur mystérieux décrit la vision du monde des Egyptiens. Autre exemple : dans le tombeau de Sethi Ier, les murs de la chambre du sarcophage racontent la vie après la mort (avec un grand nombre de personnages enchaînés et la tête coupée, qui représentent les ennemis des Egyptiens et la puissance militaire du pharaon). Autre exemple encore : les murs du migdol du temple de Medinet Habou représentent les ennemis vaincus par Ramsès III ; et sur le mur du premier pylône de ce temple, on trouve la première carte géographique où sont représentées toutes les victoires militaires de l’armée égyptienne. Il y a là une volonté de décrire le monde et de rappeler les événements.

Aujourd’hui ?

On continue d’écrire sur les murs (exemple de l’immense pieuvre de Saint-Pierre-des-Corps), et en Egypte, aujourd’hui, les murs sont recouverts de graffitis en rapport avec le contexte politique. On écrit aussi sur des blogs, qui sont les murs de notre époque et qui sont eux aussi durables. C’est pour cela qu’il faut toujours réfléchir à ce que l’on inscrit car beaucoup de gens peuvent le lire, et sans doute pendant longtemps…

 

Allan Angele & Rodrigue Lusuekakio

 

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